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Je veux dire, bien sûr, la dernière fois pour moi. Dans cinq ans, en effet (les commémorations officielles, pour souligner leur solennité, probablement, ont adopté un rythme quinquennal) à l’occasion du 70e anniversaire de la découverte et de la libération des camps, je ne serai plus là.
Pour la dernière fois, donc, le 11 avril, ni résigné à mourir ni angoissé par la mort, mais furieux, extraordinairement agacé à l’idée de n’être bientôt plus là, dans la beauté du monde, ou bien, tout au contraire, dans sa fadeur grisâtre – ça revient au même, dans ce cas précis -, pour la dernière fois je dirai ce que je pense avoir à dire.

Jorge Semprún, Mon dernier voyage à Buchenwald, Le Monde, 6 mars 2010.

 

Es verdad que el desdén de Semprún hacia nuestra pomposa cultura local, tan enraizada como las gachas o el pan con tomate, le convertía en un elefante en cacharrería. […] Entre mi generación y la suya hay un cuarto de siglo de diferencia, y sin embargo me siento como perteneciente a ese mundo que se va con él, que habla como él y que se expresa como él. Y lo digo en la convicción de que, si miro hacia atrás, creo que nunca he coincidido políticamente con Jorge Semprún, ni ayer ni hoy. Pero escucharé atentamente lo que pueda decir el 11 de abril en Buchenwald. Una parte de mi generación se despide, y me temo que sea lo mejor de ella.

Gregorio Morán, Jorge Semprún se despide, La Vanguardia, 20 marzo 2010.

 

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